Michel Desroches trente ans de passion pour l'Aïkido
Écrit par Michel Dorier   

desroches-bp-2Le Judo-club dijonnais a fêté les 30 ans d'aïkido de Michel Desroches : une passion née en 1973 à la suite d'un reportage télévisé, jamais démentie.

 

À l'ombre du judo, universellement connu et pratiqué, l'aïkido reste un art martial discret. Michel Desroches, qui fête ses 30 ans de pratique à Dijon, en convient volontiers. On lui demande donc le pourquoi de ce choix, à plus forte raison en 1973, à une époque où la discipline était carrément confidentielle...

 

 

« J'ai été séduit par un reportage télévisé, confie-t-il dans un sourire. Le maître André Nocquet rentrait de Tokyo, où il avait été l'élève du fondateur japonais de l'aïkido. Je m'intéressais aux sports de défense en général, car à l'époque, je jouais dans des bals, et certaines soirées étaient un peu chaudes... J'avais fait un peu de judo à 13-14 ans, mais sans plus. Là, la dextérité d'André Nocquet m'a convaincu ».

Il ajoute que la tenue des combattants lui avait également bien plu. À partir de la ceinture noire, le pratiquant porte en effet une jupe ample noire, ou « hakama » (et un kimono blanc), héritée de la tenue portée par les samouraïs de l'époque Tokugawa (afin de dissimuler les déplacements).

 

Discrétion

 

Un art martial à mains nues

On compte environ 180 disciplines classées arts martiaux et sports de combat, et l'aïkido est un art martial à mains nues qui vit le Jour dans les années 20. Il fut créé par le maître japonais Moriheï Ueshiba (1883-1969), qui l'enseigna après avoir fait une synthèse des différents Arts martiaux qu'il avait pratiqués. L'arrière-plan philosophique ou religieux est évident dans l'élaboration de cet art (traditions shinto, zen, taoïste).

En France, on compte environ 60 000 pratiquants et 1400 clubs.

L'aïkido, art martial de défense, enseigne la maîtrise du corps et de l'esprit. C'est une défense qui étudie particulièrement les appuis, les déplacements, la chute, en présentant tout un ensemble de mouvements très élaborés et très divers, fondés sur les lois naturelles du cercle et de la spirale. L'élégance est proportionnelle à l'efficacité : « c'est effectivement un excellent moyen d'autodéfense, qui permet de désarmer et d'immobiliser sans dégâts ». Et discrètement.

« On peut faire ça en costume », précise-t-il. Et il sait de quoi il parle, car il a déjà dû utiliser ses compétences en pleine ville Conquis d'entrée, Michel Desroches chercha donc un club, et il se rendit même au syndicat d'initiative.

« En fait, j'ai vu dans le journal l'annonce de l'ouverture d'une salle, privée, à la Fontaine-d'Ouche, lancée par M. Rouchouse. J'ai été le troisième à m'inscrire ». À 24 ans, une vocation était née. Il fut ensuite sollicité pour enseigner par le judo-club dijonnais, désireux d'ouvrir une section aïkido, et connut les locaux de la rue Pasteur, avant le déménagement vers le gymnase Epirey. « La première semaine, j'ai eu un élève », se souvient-il.

Actuellement, ce technicien en bâtiment dirige une soixantaine de pratiquants, essentiellement des adultes. À présent ceinture noire cinquième dan et avec donc 30 années d'expérience, il regrette l'évolution, ou plutôt la non-évolution de son sport : « c'est vrai que la discipline reste fermée, pour ne pas dire élitiste, et c'est ce qui me chagrine. On veut japoniser l'aïkido sport de caste là-bas alors que nous sommes en France. Il ne faut pas oublier l'aspect convivial, qui accompagne le bon travail et les progrès des élèves.

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Aller plus loin:

l'Aïkido Club Dijonnais

 

Vidéo du Mois

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