La notion que nous avons quand nous nous représentons un homme qui attaque ou qui se défend est une action visuelle fondée sur l’apparence qu'est le corps au repos. Cette vision statique est tout à fait fausse.
En effet, si au repos, un homme a bien la forme d'un tronc avec quatre membres et une tête, cette forme, que les statuaires ont immortalisée dans tous les pays, ne donne aucune idée de la réalité qu'est l'aptitude dynamique de notre corps. Un homme en activité d'attaque ou de défense, ou même en puissance d'action est une sphère dont la limite est l'extrémité des membres supérieurs et inférieurs. C'est ainsi qu'il faut se représenter notre adversaire.
cette injonction du Grand Maître japonais Moriheï Ueshiba, fondateur de l'Aïkido, est d'une actualité incontestable pour les hommes du monde entier; il est urgent de la méditer alors que partout autour de nous, la violence étend ses ravages. Elle oppose sauvagement des peuples, des ethnies, des religions, des nations. Après les horreurs de deux conflits mondiaux et les atrocités d'Hiroshima et de Nagasaki, des guerres s'allument, se propagent, et n'en finissent pas de tuer, de mutiler des enfants, de déchirer des familles, de massacrer sans raison, de détruire et de saccager. Le pire est que la violence pénètre et s'exerce jusque dans les écoles : des enfants tuent et blessent, pour rien, professeurs, surveillants ou même camarades.
SPIRITUALITÉ - Flèche de la Pagode orientale du Yakushiji, Nara. Epoque Hakuhô - 645-710 - Bronze
L'Empereur du Japon HIROHITO est mort à 87 ans. La destinée de cet homme pose question et les quelques 150 livres qui lui ont été consacrés ne parviennent pas à percer ce mystère. Même si l'Empereur HIROHITO ne doit pas être identifié à son peuple, on peut à son propos, se demander comment le Japon, anéanti en 1945 par les bombes de Hiroshima et de Nagasaki, a-t-il pu devenir, en si peu de temps, l'une des premières puissances mondiales. Sans prétendre apporter à cette question, forcément complexe, une réponse qui se donnerait pour unique, je voudrais proposer ici un témoignage vécu, que je crois de nature à suggérer une réponse possible.
Qualigraphies originales par O Senseï Moriheï Ueshiba
Le responsable de l'Aïkido Club dijonnais, Michel Desroches, a été élève, dans les années 70 du maître André Nocquet, 8e dan d'aïkido. Il s'inspire de son maître spirituel pour enseigner, à titre bénévole, l'aïkido d'origine.
Michel Desroches, président de l'Aïkido Club dijonnais est le responsable technique de la fédération française du groupe historique André Noquet, cette association étant une branche de la fédération d'aïkido et de budo. C'est pour dire que Michel Desroches est attaché aux techniques prônées dans les années 60-70, à Paris, par son maître spirituel. Le maître défunt, André Nocquet enseignait à l'époque, les pratiques ancestrales de cet art martial. Le club dijonnais est toujours fidèle à ses anciennes techniques de combat que Michel Desroches qualifie de « réalistes », en comparaison aux pratiques qui peuvent être enseignées aujourd'hui.
L'Aïkido Club Dijonnais a de quoi être fier. Son professeur, Michel Desroches (notre photo), responsable technique national vient d'être reçu au grade de cinquième dan d'Aïkido, art martial traditionnel japonais. Il faut dire que cela faisait longtemps que tout le club attendait cette consécration, ô combien méritée.
En Occident, nous sommes les enfants du Cartésianisme. Nous cultivons l'intelligence, mais notre corps est malade. Il est la proie de blocages, de tensions. Ainsi, nous comprenons beaucoup de choses avec notre esprit, nous approuvons ou élaborons de très belles théories, mais lorsqu'il faut mettre en actes ces paroles, c'est moins évident... Les bibliothèques sont remplies de livres que l'on vénère et qui renferment de nobles pensées philosophiques, mais ces livres dorment. Sur le terrain, les hommes se haïssent et se tuent : il y a opposition entre le corps et l'esprit.
Au moment où le Ministère de la Jeunesse et des Sports souhaite vivement la réunification de l'Aïkido Français, la réponse que fit le Doshu au cours d'un interview à Tokyo est une invitation à accueillir et à reconnaître comme "partenaires", d'abord ceux qui nous ressemblent, mais surtout les "autres ", ceux qui sont différents de nous, par leur origine, leur style, leur grade, leur âge, leur ancienneté, leur morphologie, leur façon de "Vivre l'Aïkido". A nous tous, Aïkidaka de France, que nous appartenions à la Fédération Française d'Aïkido et de Budo ou à la Fédération Française d'Aïkido Aïkibudo et Affinitaires, l'occasion est offerte, grâce à la déclaration de Doshu, de vérifier l'acuité de notre regard et la finesse de notre écouté pour le respect absolu de nos "Différences".
Le Judo-club dijonnais a fêté les 30 ans d'aïkido de Michel Desroches : une passion née en 1973 à la suite d'un reportage télévisé, jamais démentie.
À l'ombre du judo, universellement connu et pratiqué, l'aïkido reste un art martial discret. Michel Desroches, qui fête ses 30 ans de pratique à Dijon, en convient volontiers. On lui demande donc le pourquoi de ce choix, à plus forte raison en 1973, à une époque où la discipline était carrément confidentielle...
Ceinture noire d'aïkido 5e dan, Michel Desroches, 54 ans, pourrait se faire appeler « maître » par ses élèves.
Mais celui qui enseigne à titre bénévole la pratique de cet art martial, excluant la pratique de la compétition, préfère qu'on l'appelle tout simplement Michel. Peut-être parce qu'il tient à appliquer ici, au lieu de stricte « japonaiserie » selon son expression, l'un des principes de sa discipline : la modestie.